À propos

Je suis sensible. Mes proches me le disent souvent. Mes amis aiment me taquiner en me le répétant. J’ai pourtant remarqué que ce trait est fréquemment perçu comme un défaut. Alors, j’ai voulu comprendre ce terme qui semble tant me définir.

Selon le Larousse, est sensible celui « qui éprouve facilement des émotions, des sentiments, notamment de pitié, de compassion ». Sur son site, la définition est suivie de trois synonymes : émotif, humain, impressionnable. Arrêtons-nous sur le deuxième. La sensibilité ne serait-elle pas, précisément, le propre de l’humain ? Nous sommes toutes et tous concernés par cette aptitude à nous émouvoir ; seule son expression diffère d’une personne à l’autre.

La mienne passe par les larmes. Je pleure quand quelqu’un souffre, je pleure quand je blesse et je pleure quand on m’en veut. Mais je pleure aussi en riant, devant un joli paysage ou à l’écoute d’un discours sincère. Oui, je pleure souvent. Pourtant, ces larmes ne sont pas des gouttes de souffrance. Ce sont des vagues qui m’enrichissent.

Je ne crois pas qu’être sensible soit un défaut. J’y vois même une force. Elle me permet de tisser avec mes proches un lien unique et des relations solides. Elle m’aide à être réceptive aux émotions des autres, et j’aime aider celles et ceux qui en ont besoin. Cette même sensibilité nourrit aussi nos passions, qui reposent sur la réceptivité qui lie le sujet à l’objet de son attention.

Être sensible, c’est enfin remarquer ce que d’autres ne voient pas ou ne prennent pas le temps de contempler. C’est porter sur ce qui nous entoure un autre regard, mettre en valeur ce qui est négligé, s’intéresser au banal et ainsi, offrir une voix à ceux qui n’en ont pas.

C’est pourquoi j’aimerais, à travers mes écrits, explorer la sensibilité sous toutes ses facettes et partager ces histoires avec celles et ceux qui ressentent et acceptent leur sensibilité, qu’elle soit envahissante ou libératrice.

J’ai choisi de nommer cet espace « sensible », et j’en suis fière.

Charlotte Hoizey-Oud