
À l’Hybride, le video mapping rassemble toutes les générations
Depuis sa création, l’Hybride s’est donné la mission de défendre les formats courts - souvent invisibilisés - et les rencontres au cinéma. Mais en 2026, l’équipe souhaite aller plus loin.
Samedi 7 mars, l’Hybride est devenue la première salle de video mapping immersif des Hauts-de-France. C’est au bout d’un an de travaux que la salle rouvre ses portes au public en intégrant ce nouveau volet à sa programmation. Le video mapping, c’est la « projection d’images sur des supports en volume », indique Carmen Borey, chargée de communication de l’association Rencontres Audiovisuelles. À la différence de l’Atelier des Lumières à Paris, pensé comme une exposition continue, l’Hybride conserve la logique du cinéma : « On y entre à une heure fixe et on vit ensemble une séance complète » explique Carmen. Deux programmes sont à l’affiche jusqu’au 17 mai : Abysses – Écho des océans, une plongée poétique dès 8 ans, et Les nouvelles fables de La Fontaine, à destination des familles.
« On est super contents, c’est un beau démarrage. »
Le succès ne s’est pas fait attendre : toutes les séances du week-end d’ouverture affichaient complet. 50 places par séance, et entre 6 et 8 projections par jour. « On est super contents, c’est un beau démarrage », confie Carmen, sourire aux lèvres.
Une fois à l’intérieur de la salle, le temps semble suspendu. Dès que les lumières s’éteignent, les murs s’animent et les chuchotements laissent place à la musique. Les enfants s’immobilisent, fascinés. La voix d’un conteur introduit la séance de 4 courts-métrages, présentée comme une « plongée immersive, sensible et poétique ». Et les dessins se mettent à courir du sol au plafond. Certains spectateurs bougent la tête, et certains se retournent même, pour en suivre les trajectoires. L’immersion est totale.
« Maman, regarde ! Les couleurs me suivent ! »
Puis, dans le court-métrage Deep Blue, le public est invité à participer. Alors petits et grands se lèvent. Les projections réagissent aux mouvements. Des confettis colorés s’éparpillent au rythme des pas. Chacun devient collaborateur de l’œuvre. « Maman, regarde ! Les couleurs me suivent » crie un petit garçon, émerveillé. Les enfants courent, les adolescents se joignent à eux en riant, et une grand-mère esquisse un sourire en les observant. Chaque génération trouve sa manière d’habiter l’espace, entre fascination, amusement et curiosité.
« Le video mapping, ça rassemble tous les profils ».
À la sortie, il suffit de regarder les visages pour comprendre : l’Hybride permet de s’évader. Les sourires témoignent d’une émotion commune. Le video mapping crée une nouvelle forme de cinéma : un cinéma qui se vit plus qu’il ne se regarde. Un cinéma qui réunit les différentes générations. « Le video mapping, ça rassemble tous les profils », se réjouit Carmen.